L'un des principaux défis de l'étude des systèmes de paiement interopérables (SPI), qui permettent des transferts instantanés entre des comptes détenus par différentes institutions financières, est de mesurer l'utilisation des paiements numériques. S'appuyer sur des enquêtes traditionnelles à cette fin peut s'avérer complexe, car les transactions peuvent être intermittentes et difficiles à mémoriser précisément. Dans certains cas, les chercheurs peuvent accéder aux données administratives relatives aux transactions ; cependant, cela nécessite généralement la conclusion d'accords de partage de données avec des institutions financières partenaires, ce qui peut prendre du temps. De plus, pour les études portant sur l'ensemble du système de paiement, il peut être nécessaire d'accéder aux données de plusieurs fournisseurs. Cela accroît les obstacles logistiques et il est souvent impossible d'obtenir ces données auprès d'un fournisseur central (par exemple, le gouvernement) en raison des lois modernes sur la protection de la vie privée.
En partenariat avec IPA Philippines et Rizal Commercial Banking Corporation (RCBC), une banque commerciale de premier plan aux Philippines, des chercheurs comparent la qualité des données obtenues grâce à des méthodes de collecte « décentralisées » à celle des données administratives sur les transactions, issues d'un important prestataire de services financiers philippin (approche « centralisée »). Plus précisément, les chercheurs évaluent trois méthodes de collecte de données décentralisées par rapport aux données administratives. Ils cherchent à déterminer quelle méthode fournit les données les plus précises et à comprendre pourquoi certaines méthodes peuvent être erronées :
- Enquêtes menées occasionnellement (faible fréquence) ;
- Enquêtes menées régulièrement (à haute fréquence) ; et
- Téléchargements des enregistrements de transactions depuis l'application bancaire en ligne du partenaire.
Étant donné que ces méthodes reposent sur le consentement des répondants, les chercheurs cherchent également à mesurer dans quelle mesure ces derniers sont disposés à consentir à ces méthodes. Cela leur permettra d'évaluer si leurs résultats sont biaisés par le refus de certains répondants de participer.
L'étude vise à approfondir la compréhension de l'utilisation des IPS et à améliorer les méthodologies de collecte de données, pour les IPS et, plus généralement, pour la finance numérique. Les résultats fourniront des informations exploitables aux chercheurs et aux décideurs politiques pour mesurer avec précision les services financiers numériques et évaluer le comportement des utilisateurs. De plus, le projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés aux Philippines pour améliorer l'écosystème financier et l'IPS InstaPay, tout en offrant des enseignements évolutifs pour d'autres contextes où l'adoption des IPS se heurte à des défis techniques et de mesure.
Les résultats de ce projet seront disponibles en 2025.
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