L'impact des permis de travail et de séjour temporaires pour les migrants vénézuéliens en Colombie
Des chercheurs se sont associés à l'IPA Colombie pour évaluer l'impact de la Permis spécial de permanence (PEP), un programme de régularisation des migrants vénézuéliens axé sur le bien-être, l'accès aux services sociaux et financiers et l'emploi. La régularisation par le programme PEP a amélioré la vie des migrants vénézuéliens en augmentant leurs dépenses quotidiennes de 48 %, leur accès aux soins de santé de 27 points de pourcentage et leur utilisation des produits financiers de 44 points de pourcentage, même si la recherche d'emploi restait difficile. Les coûts budgétaires supportés par le gouvernement colombien pour un ménage de migrants régularisés sont inférieurs à ceux d'un ménage de migrants en situation irrégulière.
Le défi
Les migrations forcées sont devenues l’un des défis mondiaux les plus urgents, leur nombre ayant plus que doublé au cours de la dernière décennie, atteignant 110 millions de personnes d’ici 2023, dont environ un tiers traversant les frontières internationales.1 Le Venezuela est l'une des plus grandes crises migratoires : sept millions de personnes ont fui leur pays en raison de l'effondrement économique, de l'instabilité politique et des crises humanitaires, soit 19 % des migrants forcés dans le monde. Près de trois millions d'entre eux se sont installés en Colombie, ce qui en fait le premier pays d'accueil d'Amérique latine.2 En réponse, le gouvernement colombien a lancé la Permis spécial de permanence (PEP) en 2018, accordant aux migrants vénézuéliens la résidence temporaire et l’accès aux services sociaux et à l’emploi formel.
L'évaluation
Des chercheurs se sont associés à l'IPA Colombie pour évaluer l'impact du PEP sur le bien-être, l'accès aux services et l'emploi des migrants vénézuéliens. Le programme exigeait l'inscription au Registro Administrativo de Migrantes Venezolanos (RAMV), un recensement national des migrants vénézuéliens en situation irrégulière, ouvert d'avril à juin 2018. Cela a permis aux chercheurs de comparer les migrants arrivés avant le 8 juin 2018 (éligibles au RAMV et au PEP) à ceux arrivés peu après (non éligibles). L'enquête a porté sur 2,232 XNUMX ménages vénézuéliens migrants forcés originaires de Barranquilla, Bogotá, Medellín et d'une quatrième région de villes plus petites. Le groupe d'intervention était composé de ménages sélectionnés aléatoirement à partir du recensement du RAMV, tandis que le groupe témoin comprenait des ménages migrants non-RAMV identifiés par le biais d'associations et de références.
Résultats
Les migrants vénézuéliens bénéficiant du PEP ont connu des gains économiques et sociaux significatifs. Leurs dépenses ménagères ont augmenté de 48 % et leurs revenus étaient supérieurs de 22 % à ceux des migrants non régularisés. Le PEP a également ouvert la voie à l'inclusion financière, avec une augmentation de 44 points de pourcentage du nombre de comptes bancaires. L'accès aux services essentiels s'est considérablement amélioré : l'inscription au registre social Sisbén a augmenté de 57 points de pourcentage, l'accès aux soins de santé subventionnés a progressé de 27 points de pourcentage et les transferts gouvernementaux ont augmenté de 22 points de pourcentage.
Un meilleur accès aux services a amélioré le bien-être des migrants. L'accès aux soins grâce au PEP a réduit les dépenses de santé, ce qui a amélioré leur bien-être et libéré des fonds pour d'autres besoins. Les transferts gouvernementaux ont également accru le pouvoir d'achat, tandis que l'accès aux comptes a ouvert de nouvelles perspectives d'emploi. Les migrants ont déclaré que l'accès aux soins leur apportait une « tranquillité d'esprit », leur permettant de planifier au-delà des besoins immédiats.
Rentabilité
Soutenir un foyer en situation régulière coûte au gouvernement colombien 610 dollars par an, soit 42 % de moins que ce que les chercheurs estiment être le coût pour le gouvernement des foyers sans statut juridique, soit 1,056 88 dollars. D'après les calculs des chercheurs, les migrants en situation régulière génèrent 898 % de recettes fiscales supplémentaires grâce à une consommation accrue et à des contributions à l'emploi formel ; la prestation de soins de santé devient plus efficace lorsque les coûts passent de 550 dollars à XNUMX dollars par foyer lorsque les migrants passent des services d'urgence coûteux aux soins préventifs ; et tandis que les dépenses d'éducation augmentent (avec la hausse des inscriptions), la charge fiscale globale diminue.
Impact et implications des politiques
Les résultats démontrent l'importance des processus de régularisation pour l'inclusion et le bien-être des migrants dans les communautés d'accueil. Si le programme a considérablement amélioré le bien-être et l'accès aux services des migrants, son impact sur leur situation professionnelle est limité. Les recherches futures devraient examiner les effets à long terme du programme sur les services publics et le marché du travail.
Références
1 HCR (2023). « Rapports phares : Outil de recherche de données sur les réfugiés ». Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. https://www.unhcr.org/refugee-statistics/. Consulté en août 2023.
2 « La crise des réfugiés et l'approche d'intégration en Colombie expliquées. » nd www.unrefugees.org. https://www.unrefugees.org/news/colombia-s-refugee-crisis-and-integration-approach-explained/.
3 La quatrième région comprend Cúcuta, Villa del Rosario, Cali, Cartagena, Riohacha, Maicao, Uribia, Valledupar, Santa Marta et Arauca.











