Améliorer les résultats en matière de santé mentale des survivants de la traite des êtres humains en Ouganda
Des chercheurs collaborent avec IPA Uganda, Healing and Resilience after Trauma (HaRT), sept organisations partenaires à Kampala, en Ouganda, et un groupe consultatif de survivants pour mener une évaluation randomisée afin de mesurer si un programme corps-esprit destiné aux survivants de la traite des êtres humains améliore leur santé mentale, leur bien-être physique et social.
Le défi
Les victimes de la traite des êtres humains subissent souvent des actes d'exploitation, de coercition et de violence, ce qui les expose à un risque accru de graves troubles de santé mentale. Sans prise en charge, ces troubles peuvent les rendre plus vulnérables à la traite à l'avenir. Or, dans de nombreux contextes aux ressources limitées, les victimes n'ont pas accès à des services de santé mentale fondés sur des données probantes et adaptés à leurs besoins spécifiques.
Pour combler ce manque, l'association Healing and Resilience after Trauma (HaRT) a créé Move with HaRT, un programme corps-esprit hebdomadaire de 12 séances conçu spécifiquement pour les victimes de la traite des êtres humains. Ce programme intègre des exercices de respiration, des postures de yoga, de la relaxation guidée, des techniques de pleine conscience et des discussions thématiques afin de favoriser le sentiment d'identité, de rétablir la confiance en soi et d'améliorer la maîtrise de son corps.
L'évaluation
Des chercheurs, en partenariat avec IPA Uganda et des agences partenaires (Hope for Justice, Rahab, Set Her Free, UYDEL, Ever free, The Remnant Generation et Dwelling Places), mènent une évaluation randomisée pour déterminer si Move with HaRT améliore la santé mentale, ainsi que le bien-être physique et social des survivants de la traite des êtres humains.
Au total, 318 survivants de la traite des êtres humains ont été répartis aléatoirement entre le programme Move with HaRT et les services standards mis à leur disposition. Dans le cadre d'une démarche participative, un groupe consultatif de survivants (GCS) contribue activement à l'appui technique de la recherche et de la mise en œuvre du programme.
L'intervention a été mise en œuvre en trois vagues :
- In Vague 1, la collecte de données a été complétée avec 77 femmes et filles au début de l'intervention, 73 à la fin de l'intervention et 69 lors du suivi, principalement issues de centres d'hébergement résidentiels.
- Vague 2 l'étude comprenait à la fois des participants hébergés dans des refuges et des centres d'accueil communautaires, avec 164 répondants au début de l'intervention, 158 à la fin de l'intervention et 155 lors du suivi.
- Pour Vague 3, la collecte de données s'est conclue avec 77 répondants au début de l'intervention, 73 à la fin de l'intervention et 76 au suivi.
Outre les enquêtes, les chercheurs ont recueilli des données qualitatives afin de mesurer l'impact du programme. Cela comprenait 8 discussions de groupe avec le personnel des partenaires de SHiNE à la fin de chaque cycle d'intervention, et 47 entretiens approfondis avec les participants : 37 avec les participants du programme Move with HaRT (26 à la fin de l'intervention et 11 lors du suivi à 6 mois), et 10 avec les participants du groupe témoin (« services habituels »).
Résultats
Les statistiques de participation témoignent d'un fort engagement, même parmi les participants issus de la communauté. Le programme SHiNE a atteint un taux de présence de 88.5 %, les participants ayant assisté en moyenne à 10.6 séances sur 12. Cela démontre que les participants ont accordé une grande importance au programme, ont apprécié les séances et ont trouvé le contenu pertinent au regard de leur vécu.
L'étude devrait s'achever en 2025. L'analyse des données est toujours en cours et des résultats préliminaires sont attendus avant la fin de l'année. Ces résultats apporteront des informations cruciales sur la faisabilité d'un déploiement à plus grande échelle du programme Move with HaRT.
Références
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3. Collins, Shane P., Shira M. Goldenberg, Nancy J. Burke, Ietza Bojorquez-Chapela, Jay G. Silverman et Steffanie A. Strathdee. "Situation du risque de VIH dans la vie des travailleuses du sexe autrefois victimes de trafic à la frontière entre le Mexique et les États-Unis." Soins du SIDA 25, non. 4 (2013) : 459-465.
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