Key A emporter
Les décideurs politiques et les praticiens doivent faire preuve de prudence avant de prescrire un contact direct dans des contextes fragiles, tandis que les interventions basées sur l’éducation représentent une approche plus fiable et évolutive pour réduire les préjugés.
La Problématique
Des contacts accrus entre réfugiés et populations d'accueil peuvent-ils renforcer la cohésion sociale ? Dans des contextes comme le Liban, les préjugés à l'égard des réfugiés syriens et la polarisation croissante ont alimenté un discours anti-réfugiés, les présentant comme une menace pour leur communauté d'accueil. Ces croyances, qui ont entraîné des expulsions massives, une discrimination systématique et un accès limité aux droits et aux services pour les réfugiés, sont exacerbées par un cycle de faible engagement entre réfugiés et populations d'accueil et une diminution de l'empathie envers les membres de l'exogroupe.
Les interventions de contact intergroupe sont souvent mises en œuvre pour réduire les préjugés entre groupes polarisés en rassemblant les membres de différents groupes. Cependant, les conclusions sont mitigées quant à savoir si le contact intergroupe à lui seul suffit à renforcer la cohésion sociale dans les contextes de réfugiés, ou s'il doit être accompagné de programmes éducatifs pour apprendre aux participants à interagir au-delà des clivages entre groupes. L'éducation à l'empathie, qui vise à renforcer la capacité à comprendre les pensées et les émotions d'autrui, offre une méthode alternative.
L'évaluation
En collaboration avec une ONG locale, Amel, des chercheurs ont mené une évaluation randomisée au Liban afin de multiplier les contacts intergroupes et d'intégrer l'apprentissage de l'empathie au programme de soutien psychosocial habituel de l'organisation. Dans le cadre de ce programme, des groupes d'enfants âgés de 12 à 17 ans ont bénéficié de séances hebdomadaires de deux heures axées sur le bien-être mental, la prévention et la réponse à la violence, aux abus et à l'exploitation.
Pour tester ces différentes approches, les chercheurs ont réparti au hasard 1,455 887 participants (environ 595 jeunes et XNUMX de leurs parents) dans l’un des groupes suivants :
- Groupes d'accueil mixtes de réfugiés syriens et libanais, facilitant les contacts intergroupes, qui a reçu un programme d'études sur la santé et la nutrition sans rapport avec ce sujet,
- Groupes composés uniquement de réfugiés syriens ou d'hôtes libanais, qui a reçu un programme d’éducation à l’empathie impliquant des messages de paix,
- Groupes d'accueil mixtes de réfugiés syriens et libanais ayant reçu une éducation à l'empathie et
- (Comparaison) Des groupes composés uniquement de réfugiés syriens ou d’hôtes libanais, qui ont reçu un programme d’études sur la santé et la nutrition sans rapport avec ce programme.
Les chercheurs ont mesuré les attitudes, les comportements autodéclarés et les comportements réels résultants, comme les réponses et la participation à un spectacle de danse célébrant la culture du groupe externe. Ils ont également évalué l'impact de l'intervention sur les parents des jeunes participants.
Résultats
L'éducation à l'empathie a légèrement réduit les préjugés envers les groupes externes et a favorisé des préférences inclusives en matière de politiques d'accueil des réfugiés chez les jeunes Libanais. Les contacts intergroupes, en revanche, n'ont pas réussi à réduire les préjugés et n'ont pas accru la volonté des participants de participer à des événements sociaux hors groupe. Cependant, les contacts intergroupes se sont révélés, de manière inattendue, plus efficaces pour améliorer la connaissance et la confiance dans la gestion des conflits interpersonnels. Aucune des deux interventions n'a eu d'impact sur l'attitude des parents des participants.
La combinaison des contacts intergroupes et de l'éducation à l'empathie a eu les effets les plus négatifs. Les chercheurs suggèrent que cet effet pourrait résulter du sentiment de menace ressenti par les participants libanais lorsqu'on leur demande de faire preuve d'empathie lors des contacts intergroupes. Néanmoins, même s'ils concluent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre ces mécanismes, l'éducation à l'empathie constitue une piste prometteuse pour une approche efficace et évolutive visant à réduire les préjugés dans les contextes d'accueil et de réfugiés.
Impact et implications des politiques
Suite à ces résultats, Amel a adopté une approche plus réfléchie pour faciliter les contacts entre réfugiés et autochtones. Amel a également tiré parti des résultats positifs de l'éducation à l'empathie pour intégrer les programmes d'empathie élaborés pour cette étude à son programme principal de soutien psychosocial familial (FPSS), qui accueille chaque année des milliers de jeunes réfugiés (syriens et palestiniens) et libanais. En juillet 2025, 2300 XNUMX jeunes suivaient activement le programme d'empathie dans tous les sites d'Amel.
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Partenaire de financement











