Traditions religieuses et stratégies d’adaptation face à la guerre et au déplacement : le cas des réfugiés afghans en Turquie
Alors que les chercheurs se sont souvent intéressés à la religion, et plus particulièrement à l'islam, comme force néfaste dans les conflits armés, cette étude examine le potentiel thérapeutique des traditions religieuses face à la guerre et aux déplacements de population. Nous avons réparti aléatoirement environ 550 réfugiés afghans en quatre groupes : un groupe bénéficiant de sept heures de thérapie cognitivo-comportementale (TCC), un groupe recevant une TCC intégrant les principes de l'islam (TCC-I), un groupe recevant un enseignement islamique, et un groupe témoin. Trois à six semaines après l'intervention, la TCC-I et l'enseignement islamique se sont révélés aussi efficaces que la TCC pour réduire les symptômes de dépression, d'anxiété et de stress post-traumatique. Treize à seize semaines après l'intervention, les effets de la TCC et de l'enseignement islamique s'étaient estompés, tandis que l'impact de la TCC-I persistait chez les personnes présentant des symptômes au départ. Première étude comparant une intervention psychologique à sa version intégrant les principes de l'islam et à un enseignement islamique, cette évaluation met en lumière le rôle positif que les traditions islamiques et les institutions religieuses peuvent jouer pour atténuer les effets psychologiques néfastes de la guerre et des déplacements de population.
L’IPA a soutenu le développement initial de cette étude en 2020, notamment en établissant des relations, en menant des activités de cadrage administratif et en réalisant une recherche qualitative préliminaire afin de mieux comprendre comment la violence à Kaboul avait affecté le bien-être psychologique des victimes de la guerre et quel rôle la religion avait joué dans le processus d’adaptation.











