Théorie du changement
Les compétences socio-émotionnelles (CES) peuvent être développées pour améliorer l’autonomisation économique. Cependant, il n’est pas clair comment tirer le meilleur parti des CES comme levier politique : quelles compétences sont les plus importantes, pour qui et comment peuvent-elles être transmises au mieux ? Les compétences importantes dépendront du groupe cible : des opportunités disponibles, de leurs objectifs et des comportements socialement acceptables. Cependant, nous pensons que certaines compétences sont essentielles pour développer des préférences (conscience de soi, écoute), élaborer un plan d’action (initiative personnelle, résolution de problèmes et prise de décision), s’en tenir à des objectifs (conscience et régulation émotionnelles, maîtrise de soi, persévérance) et travailler avec des collègues, des associés, des clients et des membres du ménage (expressivité, influence, relations interpersonnelles, négociation, collaboration).

Programme de recherche du SES
Comme les preuves sont contradictoires quant à savoir si et quand les SES comptent pour l’autonomisation économique, nous proposons le programme de recherche de la figure 2 pour examiner quelles compétences comptent pour qui, comment ces programmes devraient être mis en œuvre, si des contraintes contraignantes simultanées doivent être abordées pour que les SES améliorent l’autonomisation économique, et quels mécanismes causaux sont à l’œuvre.

Comment les normes sociales et le statut socio-économique interagissent-ils pour influencer l’autonomisation économique ?
Les normes sociales peuvent inciter les individus à aligner leurs préférences et leurs objectifs sur ce qu’ils considèrent comme socialement et culturellement approprié. Elles peuvent également limiter la capacité d’un individu à utiliser des SES particuliers. Par exemple, une société plus individualiste peut limiter la capacité d’une personne à être plus collaborative ; dans une société plus collectiviste, les individus peuvent avoir du mal à développer des compétences telles que l’initiative personnelle, l’expressivité ou la négociation. Les comportements sanctionnés peuvent différer selon les caractéristiques démographiques telles que le sexe, l’âge et le revenu. Dans certains contextes, les normes de genre peuvent en effet être moins propices à ce que les femmes investissent dans l’affirmation de soi ou les compétences de négociation. Le SES lié à la conscience sociale peut accroître l’importance de ces normes. Alternativement, des compétences telles que la persévérance et l’influence peuvent être utilisées pour surmonter les obstacles sociétaux à l’autonomisation économique. Cependant, peu de preuves rigoureuses sont disponibles sur ce sujet.
Lors de la conception d’une intervention ou d’une évaluation, il est important de prendre en compte les éléments suivants : quels sont les objectifs et les comportements courants ou socialement acceptables dans cette culture ? Quelles sont les conséquences sociales, culturelles et juridiques du non-respect des normes ?

Certains SES sont-ils fondamentaux ?
Les recherches ont montré une relation interactive entre de nombreux SES. De plus, certaines compétences semblent fondamentales pour le développement des autres ; la négociation, par exemple, exige la capacité de comprendre ses propres préférences et opportunités (conscience de soi) et les préférences et opportunités des autres (empathie), de trouver une solution gagnant-gagnant (résolution de problèmes et prise de décision) et d'influencer l'autre partie. Certains praticiens ont indiqué qu'ils pensaient que les compétences de sensibilisation étaient fondamentales pour les compétences de gestion (voir l'exemple de théorie du changement dans la figure 3), ou que les compétences intrapersonnelles étaient fondamentales pour le développement des compétences interpersonnelles. Cependant, la plupart des données démontrent une corrélation plutôt qu'une causalité, et la corrélation peut être une fonction de la mesure.












