Formation aux compétences non techniques pour améliorer l'inclusion économique et le bien-être des femmes vivant dans l'extrême pauvreté en Inde

Formation aux compétences non techniques pour améliorer l'inclusion économique et le bien-être des femmes vivant dans l'extrême pauvreté en Inde

Financée par le programme Entrepreneuriat et Développement du secteur privé de l'IPA, et menée en collaboration avec la Jharkhand State Livelihood Promotion Society (JSLPS) et The/Nudge Institute, une évaluation randomisée est en cours en Inde afin de déterminer si des séances de coaching en compétences transversales, notamment en compétences intrapersonnelles par rapport aux compétences interpersonnelles, intégrées à un programme de formation professionnelle piloté par le gouvernement, peuvent améliorer efficacement le bien-être économique et psychosocial des femmes vivant dans l'extrême pauvreté. Les résultats seront disponibles en 2027.

La Problématique

Les femmes vivant dans l'extrême pauvreté sont confrontées à des contraintes cumulatives qui limitent leur capacité à exercer des moyens de subsistance stables, notamment des ressources limitées, des réseaux sociaux restreints et des barrières psychologiques telles que de faibles aspirations. Programmes de diplômes ont démontré un impact significatif en aidant les ménages à se constituer un revenu et un patrimoine pour sortir de l'extrême pauvreté ; un accompagnement régulier par des mentors pour développer des compétences professionnelles et personnelles est considéré comme un facteur essentiel de cet impact.1 Dans le même temps, de plus en plus de preuves suggèrent que les compétences non techniques (initiative personnelle, régulation émotionnelle et capacité à établir des relations) sont des compétences importantes à développer pour améliorer le bien-être économique et psychosocial.2 Dans ce contexte, le coaching en compétences non techniques peut constituer un complément efficace aux programmes de fin d'études, susceptible d'améliorer les résultats pour les femmes et leurs familles.

Malgré le potentiel du développement des compétences transversales dans les programmes de fin d'études, sa mise en œuvre au sein des systèmes gouvernementaux représente un défi. Le recours à des prestataires externes spécialisés est coûteux et difficile à pérenniser. En revanche, les intervenants communautaires de première ligne pourraient constituer une alternative plus facilement déployable, à condition qu'ils puissent dispenser des formations de qualité de manière constante. Il est donc essentiel de mener des recherches et d'élaborer des politiques afin d'évaluer la rentabilité de cette approche au sein d'un programme de fin d'études existant, ce qui permettra d'orienter l'intégration des compétences transversales dans les programmes futurs.

Le Programme

JH-SAY est un programme de sortie de l'enfance piloté par le gouvernement du Jharkhand, en Inde, qui cible environ 16 000 ménages tribaux et de castes répertoriées vulnérables vivant dans l'extrême pauvreté. Il propose des transferts d'actifs, une aide à la consommation, un accès aux services financiers et des formations collectives aux moyens de subsistance dispensées par des accompagnateurs communautaires. Le volet « développement des compétences transversales » ajoute à ce programme deux modules structurés, appuyés par le numérique : tous deux mettent l'accent sur les compétences fondamentales (par exemple, identifier ses forces et ses valeurs ; se fixer des aspirations et des objectifs ; résoudre des problèmes), tandis que l'un privilégie les aspects intrapersonnels de ces compétences ainsi que des compétences intrapersonnelles supplémentaires (initiative personnelle, gestion des émotions) et l'autre les aspects relationnels de ces compétences ainsi que des compétences interpersonnelles supplémentaires (communication interpersonnelle, développement des relations).

Le programme se déroule sur neuf semaines, en deux phases. La première phase est axée sur les aspirations et la définition d'objectifs avant le versement des aides à la subsistance ; la seconde, après le versement des aides, vise à identifier les forces personnelles, à prendre des initiatives et à résoudre les problèmes. Les formateurs utilisent des tablettes équipées d'une application personnalisée de développement personnel, proposant des vidéos de démonstration, des vidéos explicatives et des guides de séances structurés, ainsi qu'un livret imprimé pour faciliter les activités de groupe.

L'évaluation

En collaboration avec la Jharkhand State Livelihood Promotion Society (JSLPS) et The/Nudge Institute, des chercheurs évaluent si les séances de coaching en compétences interpersonnelles ou intrapersonnelles du programme JH-SAY améliorent plus efficacement le bien-être économique et psychosocial des femmes. L'étude porte sur la cohorte active du programme JH-SAY répartie dans trois districts, avec environ 295 coachs communautaires accompagnant 9 000 femmes. Les coachs sont répartis en trois groupes :

  • Groupe de compétences intrapersonnelles : Fournit le programme standard JH-SAY ainsi que le programme de développement des compétences interpersonnelles.
  • Groupe de compétences interpersonnelles : Fournit le programme standard JH-SAY ainsi que le programme de développement des compétences interpersonnelles.
  • Groupe de comparaison : Fournit le package standard JH-SAY sans aucun contenu supplémentaire sur les compétences générales.

Les chercheurs évalueront l'acquisition de compétences transversales, le sentiment d'efficacité personnelle, les aspirations et la disposition des femmes à entreprendre des activités économiques. Ils analyseront également leur engagement économique précoce, notamment le temps consacré aux activités génératrices de revenus, leur comportement en matière d'épargne et leurs investissements dans des actifs productifs.

Résultats

Les résultats seront disponibles en 2027.

Références

1. Bossuroy, Thomas, Markus Goldstein, Bassirou Karimou, Dean Karlan, Harounan Kazianga, William Parienté, Patrick Premand et al. « S'attaquer aux contraintes psychosociales et financières pour réduire la pauvreté. » Nature 605, n° 7909 (2022) : 291-297.

2. Barrera-Osorio, Felipe, Adriana Kugler et Mikko Silliman. « Compétences techniques et non techniques dans la formation professionnelle : données expérimentales de Colombie ». Revue économique de la Banque mondiale 37, n° 3 (2023) : 409-436.

Adhvaryu, Achyuta, Namrata Kala et Anant Nyshadham. Les compétences qui permettent de gagner sa vie : retour sur investissement de la formation aux compétences transversales en milieu professionnel. N° w24313. Bureau national de la recherche économique, 2018.


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