Soutenir l'inclusion productive des jeunes hommes et femmes grâce à une approche multidimensionnelle : impacts à court et moyen terme dans le Niger rural

Bloc d'en-tête
Dans cette image : Des femmes participant au programme PEJIP ouvrent un coffre-fort. © Quentin Stoeffler

La Problématique

Partout dans le monde, les jeunes issus de milieux ruraux à faibles revenus sont confrontés à des contraintes interdépendantes qui limitent leurs moyens de subsistance. Parmi ces contraintes figurent un accès limité au capital, le peu d'opportunités génératrices de revenus, ainsi que de faibles aspirations et un manque de confiance en soi.1 L’approche de sortie scolaire pour les ultra-pauvres — qui combine soutien financier, formation et composantes psychosociales — a prouvé efficace L'objectif est de relever simultanément ces défis afin de contribuer à sortir les populations de la pauvreté. Cependant, les données probantes restent limitées quant à la possibilité d'étendre cette approche, à son rapport coût-efficacité et à son efficacité auprès des jeunes – et notamment des jeunes hommes – lorsqu'elle est mise en œuvre par les gouvernements à l'échelle nationale.

Le Niger offre un contexte essentiel pour tester la viabilité d'un programme de formation professionnelle destiné aux jeunes. Les zones rurales, en particulier, sont confrontées à des défis tels que l'insécurité alimentaire chronique, l'exposition aux chocs climatiques et la rareté des emplois non agricoles.2 De ce fait, pour les jeunes hommes, ces difficultés sont amplifiées, avec des opportunités économiques limitées en dehors du secteur agricole, des filets de sécurité sociale ne touchant qu'une petite partie de la population dans le besoin, et une migration vers d'autres pays pour de meilleures perspectives devenant de plus en plus risquée.3 Dans un pays où les capacités administratives et financières sont limitées, un programme de formation professionnelle piloté par le gouvernement peut-il améliorer de manière rentable les conditions de vie de cette population vulnérable ?

Le Programme

Le Programme d’emploi et d’inclusion productive des jeunes (PEJIP) est un programme de formation de six mois mis en place par le gouvernement du Niger et la Banque mondiale pour encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes (15-25 ans) en milieu rural. Ce programme comprend un volet psychosocial, une formation à la micro-entreprise, des formations aux compétences transversales, des incitations à l’épargne via des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) et des transferts monétaires d’environ 160 USD par bénéficiaire. Au cours de ses trois phases (2020-2023), le programme PEJIP a touché 32 000 jeunes.

L'évaluation

En collaboration avec le gouvernement nigérien et la Banque mondiale, des chercheurs ont mené une évaluation randomisée afin de mesurer l'impact de la troisième phase du PEJIP. Ils ont également évalué la faisabilité et la rentabilité d'une version simplifiée du programme, sans le volet formation. Par ailleurs, l'aide financière a été versée soit sous forme de virements mensuels, soit sous forme de subvention forfaitaire, afin de déterminer quel mécanisme favorise le mieux l'entrepreneuriat et l'autonomisation économique.

L'intervention concerne 135 villages des régions de Diffa, Tahoua et Tillabéri au Niger. Dans chaque village, la moitié des participants étaient des hommes et l'autre moitié des femmes, afin de comparer les impacts selon le genre et de comprendre les différentes contraintes auxquelles chacun est confronté. Les villages ont été répartis aléatoirement dans les groupes suivants par tirage au sort public :

  • Programme PEJIP complet (avec transferts mensuels ou subvention forfaitaire)
  • Programme PEJIP sans formation (avec virements mensuels ou subvention forfaitaire)
  • Groupe de comparaison

Les chercheurs évaluent les impacts du PEJIP sur la consommation des ménages, les activités génératrices de revenus, la sécurité alimentaire, le patrimoine, l'accès aux services financiers, les migrations, le bien-être psychologique, l'autonomisation des femmes et la santé maternelle et infantile. Ils ont recueilli des données auprès de 3 358 ménages au début de l'intervention, en juillet 2022, et en juin 2023, trois mois après la fin du programme. Le Fonds de fin de cycle « Nouvelle vague » du Programme de protection sociale de l'IPA finance une nouvelle campagne de collecte de données afin de déterminer si les impacts se maintiennent deux ans après la fin du programme.

Résultats

Les résultats seront disponibles en 2026.

Références

1. Nga Thi Viet Nguyen et Xavier Devictor, « Quand la pauvreté rencontre la fragilité : pourquoi la prochaine décennie de réduction de la pauvreté mondiale est en jeu », Blogs de la Banque mondiale, 24 juin 2025

2. Eric Rwabidadi, « L’avenir du monde rural sous les projecteurs : le Niger », 20 août 2025, FIDA, https://www.ifad.org/en/w/opinions/rural-futures-in-focus-niger

3. Andrew Shepherd, Abdoutan Harouna, Vidya Diwakar, Aïssa Diarra, Lucia Da Corta, Cecilia Poggi, « Jeunesse du Niger : la migration, une arme à double tranchant pour l’insertion professionnelle », Note de politique générale, Agence française de développement, https://www.afd.fr/en/ressources/youth-niger-migration-double-edged-sword-labour-inclusion


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