La Problématique
Le financement de gros – qui fournit d'importants capitaux aux intermédiaires financiers (tels que les institutions de microfinance) qui, à leur tour, prêtent aux entrepreneuses développant leurs entreprises – est une source de financement essentielle qui influence l'offre de crédit. C'est particulièrement vrai en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, où les marchés financiers sont généralement moins développés et où vivent d'importantes populations de groupes mal desservis, comme les femmes. Cependant, malgré le rôle important du financement de gros, on ignore encore comment il affecte la capacité des institutions de microfinance à concilier viabilité financière et impact social.
L'Étude
Des chercheurs ont mené une étude pour examiner comment les structures de financement de gros influencent les prêts accordés aux femmes par les IMF et les banques commerciales. L'étude comportait deux phases.
Dans un premier temps, les chercheurs ont mené une analyse documentaire afin de comprendre comment les IMF et les banques commerciales parviennent à assurer la pérennité et la croissance de leurs activités de prêt de gros, en particulier auprès des femmes. Plus précisément, ils ont évalué comment les IMF concilient viabilité financière, conformité réglementaire et impact social dans divers contextes institutionnels et culturels, en s'intéressant aux structures de financement, aux variations des environnements réglementaires et sociaux, ainsi qu'aux initiatives en faveur de l'égalité des sexes.
Dans un second temps, les chercheurs ont mené une analyse exploratoire des données de microfinance afin d'évaluer rigoureusement l'influence des financements de gros sur les pratiques de prêt des IMF envers les femmes. Pour ce faire, ils ont analysé les données de deux bases de données mondiales sur la microfinance, MIX Market et ATLAS, pour neuf pays d'Asie du Sud et d'Afrique subsaharienne : l'Inde, le Bangladesh, le Pakistan, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, l'Ouganda, l'Éthiopie et le Sénégal.
Résultats
L'analyse documentaire a permis de dégager plusieurs enseignements clés concernant le financement par emprunt de gros des IMF. Premièrement, les IMF semblent assurer leur croissance et leur pérennité en s'appuyant sur un financement stable et rentable grâce à des pratiques d'emprunt et d'épargne équilibrées, tout en dépendant moins des financements des donateurs. En effet, si ces financements permettent aux IMF de lutter contre la pauvreté et d'aider davantage de femmes, ils engendrent des coûts opérationnels plus élevés, ce qui limite leur pérennité et présente donc un risque de dérive de leur mission. L'analyse documentaire a également révélé peu d'éléments probants sur l'impact des marchés de la dette de gros sur la performance sociale et financière des IMF.
L'analyse des données, en revanche, s'est heurtée à d'importantes difficultés. Les ensembles de données comportaient des lacunes concernant des indicateurs clés, notamment les structures de financement, les mécanismes de partage des risques et les performances sociales, pour la majorité des pays. De ce fait, les chercheurs n'ont pas pu évaluer rigoureusement, à partir de ces seules données, l'influence du financement de gros sur les pratiques de prêt des IMF envers les femmes.











